SOS Burn-out Belgique

Témoignage :
Laurence

Ce burn-out m’a offert une chance de me retrouver.

Mon histoire avec le burn-out a commencé par une passion dévorante pour mon travail. Gérante de plusieurs magasins de vêtements et conseillère en prévention et protection, je m’épanouissais pleinement dans mes multiples rôles. J’adorais interagir avec les équipes, les clients et la direction. Animée par le désir constant de bien faire, je voulais satisfaire tout le monde.

Mais une difficulté majeure m’accompagnait : celle de dire non. Remplacer un·e collègue malade, participer à toutes les réunions, gérer un magasin supplémentaire… Je disais toujours « oui ».

Des signaux d’alarme avaient pourtant commencé à apparaître : douleurs persistantes au dos et aux épaules, bronchites à répétition… Mes proches me regardaient avec étonnement : « Comment fais-tu pour tout gérer ? » Je n’écoutais pas. Jusqu’à ce jour d’août 2012, à la veille de mes vacances en Égypte, où mon corps m’a littéralement lâchée. Impossible de me lever, de marcher ou de faire quoi que ce soit.

Ce fut le début d’une longue période de vide, d’immobilité, d’effondrement. Je me sentais inutile, paralysée par la honte et gagnée par une phobie sociale : je n’osais pas dire que j’étais en burn-out.

“On ne peut prendre soin des autres que si l’on commence par soi.”

— Laurence

La guérison a pris du temps. Des années pour oser sortir, revoir du monde, dire non sans culpabilité, être moi. Encore aujourd’hui, je garde des séquelles. Je ne supporte plus les centres commerciaux – au grand désespoir de mes filles !

Mais j’ai reconstruit, petit à petit. Cours du soir en langues et aromathérapie, sports en petits groupes, yoga thérapeutique, psychothérapie… Et surtout, j’ai appris à m’écouter, à me respecter, à être bienveillante avec moi-même.

Ce burn-out m’a appris une chose essentielle : on ne peut prendre soin des autres que si l’on commence par soi. Onze ans plus tard, je peux dire que cette épreuve, aussi douloureuse fût-elle, a été un tournant. Un cadeau caché, une occasion de me retrouver – moi, et ma famille.

À retenir

Les éléments clés à retenir du témoignage de Laurence :

  • Un engagement excessif : Laurence était passionnée par son travail et investie à 200 %. Mais son incapacité à poser des limites l’a progressivement menée à l’épuisement.
  • Des signaux ignorés : douleurs physiques, maladies à répétition, questionnements de l’entourage… Autant de signes avant-coureurs qu’elle n’a pas pris au sérieux.
  • Un effondrement brutal : le corps finit par dire stop. Ce burn-out s’est manifesté de façon soudaine, l’empêchant littéralement de se lever.
  • La honte et l’isolement : comme beaucoup, elle a vécu son burn-out dans le silence, avec un sentiment de culpabilité et une peur du regard des autres.
  • Un long chemin de reconstruction : psychothérapie, yoga, formations, activités douces… Elle a dû reconstruire son équilibre personnel, à son rythme.
  • Une leçon profonde : apprendre à s’écouter, à dire non, à se respecter. Elle souligne que prendre soin de soi est une condition pour pouvoir être là pour les autres.
  • Une transformation : avec le recul, Laurence voit cette épreuve comme un tournant salvateur dans sa vie.