SOS Burn-out Belgique
Le droit à la déconnexion
Un équilibre nécessaire entre travail et vie personnelle
Qu’est-ce que le droit à la déconnexion ?
Le droit à la déconnexion vise à protéger la santé mentale et l’équilibre de vie des travailleur·euses en leur permettant de ne pas être joignables en dehors des heures de travail. Il s’agit de préserver des temps de repos réels, sans sollicitations professionnelles (mails, appels, messages) en soirée, le week-end ou durant les congés.
Ce droit ne signifie pas que l’on doit « tout couper », mais qu’un cadre clair est mis en place pour éviter l’hyperconnexion, source de stress chronique, de surcharge mentale et, à terme, de burn-out.
Un cadre légal en Belgique
Depuis le 1er avril 2023, le droit à la déconnexion est devenu obligatoire dans certaines entreprises belges.
Cette mesure découle de la loi du 3 octobre 2022, dans le cadre du deal pour l’emploi. Elle oblige les employeurs de plus de 20 salarié·es à établir une politique claire en matière de déconnexion.
Que prévoit la loi du 3 octobre 2022 ?
Chaque entreprise concernée doit :
- Définir les modalités pratiques du droit à la déconnexion (quand, comment, pour qui) ;
- Formuler les attentes claires sur l’utilisation des outils numériques en dehors des heures de travail ;
- Sensibiliser les travailleur·euses à l’usage raisonné des technologies et à l’importance de la déconnexion ;
- Inclure ces règles dans une convention collective ou dans le règlement de travail.
Mesures pratiques
Du côté des employeurs : instaurer une culture respectueuse de la déconnexion
Mettre en place le droit à la déconnexion, ce n’est pas seulement cocher une obligation légale — c’est envoyer un signal fort en faveur du bien-être au travail.
Voici quelques mesures concrètes à envisager :
- Clarifier les règles d’usage des outils numériques : définir les plages de disponibilité attendues, les urgences réelles, et les moments de repos à respecter.
- Ajouter dans les signatures d’e-mail une mention explicite : par exemple « Cet e-mail a été envoyé en dehors des heures de bureau. Il ne nécessite pas de réponse immédiate. »
- Encourager les messages d’absence automatiques : pour les congés ou les horaires atypiques, afin d’éviter les malentendus.
- Limiter les sollicitations techniques : par exemple, en désactivant l’envoi automatique d’e-mails le soir ou les week-ends.
- Sensibiliser les équipes : organiser des formations sur les risques de l’hyperconnexion et les bons réflexes à adopter.
- Faire preuve de cohérence managériale : en respectant soi-même les horaires, en évitant les mails en soirée, et en valorisant les temps de repos.
Du côté des travailleur·euses : poser ses propres limites
Même dans un cadre professionnel bienveillant, il est important de se donner les moyens de protéger son équilibre.
Voici quelques bonnes pratiques à adopter :
- Programmer des réponses automatiques en dehors des horaires de travail : pour informer de son indisponibilité sans culpabiliser.
- Éteindre les outils professionnels en dehors du bureau : couper le GSM ou l’ordinateur de travail pour préserver des vrais temps de repos.
- Désactiver les notifications : mails, messageries internes… Même un bip discret peut suffire à rompre la déconnexion.
- Clarifier ses limites avec l’équipe : prévenir de ses horaires, indiquer les moments de non-disponibilité ou les jours sans réunion.
- Prendre du recul sans culpabiliser : ne pas répondre immédiatement n’est pas un manque de professionnalisme, mais un acte de santé mentale.
- S’écouter : si la charge mentale devient trop lourde, en parler à un responsable, un·e collègue de confiance, ou consulter un professionnel.
Pourquoi est-ce important ?
L’hyperconnexion entretient un climat d’urgence permanent et brouille les frontières entre vie professionnelle et vie privée.
Le droit à la déconnexion permet de :
- Respecter les temps de repos légaux ;
- Préserver l’équilibre mental et physique des salarié·es ;
- Réduire le risque de burn-out et d’absentéisme ;
- Encourager une culture du respect des limites.
Comment mettre en place ce droit concrètement ?
Pour les entreprises concernées, il ne suffit pas d’énoncer des principes. Il faut construire un cadre pratique, adapté à la réalité de terrain.
Voici quelques exemples :
- Bloquer l’envoi automatique d’e-mails en dehors des heures de bureau ;
- Clarifier les situations où une disponibilité exceptionnelle est requise (astreintes, urgences) ;
- Encourager les responsables à montrer l’exemple (pas de mails tardifs ou de réunions en soirée) ;
- Former les équipes à gérer leur temps et leur charge mentale.
Pour les employé·es : que faire si ce droit n’est pas respecté ?
Vous travaillez dans une entreprise de plus de 20 personnes et votre droit à la déconnexion n’est pas formalisé ?
Vous pouvez en parler avec :
- Votre supérieur hiérarchique ou la personne de confiance ;
- Le conseiller en prévention ou les délégué·es syndicaux·ales ;
- Le Service externe de prévention au travail.
Si cela reste sans réponse, vous pouvez consulter :
- Le SPF Emploi (Direction du contrôle du bien-être au travail) ;
- Les services d’accompagnement, comme la ligne SOS Burn-Out pour évaluer l’impact sur votre santé mentale.
À retenir
- Le droit à la déconnexion est une mesure légale en Belgique depuis 2023 pour les entreprises de plus de 20 salarié·es.
- Il protège la santé mentale, favorise la récupération, et limite les risques d’épuisement.
- Sa mise en œuvre demande une véritable culture du respect des limites, portée par les employeurs comme par les équipes.